Nicolas Anelka, l'enfant terrible du football, suspendu pour 5 matches en championnat d'Angleterre
L'attaquant français de West Bromwich Albion
Nicolas Anelka a été suspendu cinq matches jeudi par la fédération anglaise (FA)
pour sa "quenelle" du 28 décembre, soit la peine minimum pour un geste considéré
par certains comme antisémite.
Une
sanction plus importante aurait pu précipiter vers une fin de saison prématurée,
voire une retraite anticipée, un joueur à la réputation encore plus sulfureuse
en France qu'en Angleterre, où il a accomplit une grande partie de sa carrière.
Mais
Anelka peut raisonnablement penser que ses deux jours d'audition devant les
trois experts indépendants de la commission de discipline, dans un hôtel de
Watford (nord de Londres), n'auront pas été vains.
"La
commission de discipline indépendante a estimé que Nicolas Anelka avait enfreint
de manière aggravée la loi E3 de la FA et lui a infligé cinq matches de
suspension ainsi qu'une amende, même s'il a la possibilité de faire appel", a
annoncé la FA dans un communiqué.
La
"quenelle" - un bras tendu vers le bas, l'autre bras replié touchant l'épaule -
est au coeur d'une vive polémique en France et a été qualifiée de "salut nazi
inversé" par la Licra (Ligue internationale contre le racisme et
l'antisémitisme). Le débat a touché la Grande-Bretagne par ricochet. Il y a
quelques semaines, le ministère de l'Intérieur britannique a interdit à
Dieudonné, l'humoriste polémiste français qui en est l'inventeur, d'entrer sur
le territoire.
Anelka
avait été accusé le 20 janvier dans un document de 34 pages d'avoir réalisé "un
geste abusif et/ou indécent et/ou insultant et/ou incorrect en relation avec
l'origine ethnique et/ou la race et/ou la religion". Le buteur de 34 ans
encourrait au minimum cette suspension de cinq matches.
L'ex-Bleu, qui avait célébré d'une "quenelle" son premier but de la saison avec
West Bromwich Albion contre West Ham (3-3) le 28 décembre, plaide non coupable.
Il explique ce geste comme une "dédicace" anti-système à son ami Dieudonné. "Je
ne suis ni antisémite ni raciste", n'a-t-il eu de cesse de répéter.
Le
joueur, dont le contrat d'un an avec WBA s'arrête en fin de saison, garde la
possibilité de faire appel dans les sept jours de cette décision, qui le voit
également contraint de s'acquitter d'une amende de 97.300 euros (80.000 £) et de
s'engager à suivre un stage éducatif. Sollicité par l'AFP, son agent n'a pas
donné suite.
Victime
du geste de son attaquant puisqu'il a depuis perdu plusieurs sponsors, son club,
actuel 17e de Premier League après 27 journées avec un point d'avance sur le
premier relégable, pourrait de son côté apprécier un appel suspensif.
West
Brom pourrait aussi étudier les possibilités d'une rupture, précipitant
vraisemblablement la fin de carrière de l'enfant-terrible du foot français. Car
après avoir soutenu son joueur dans un premier temps, WBA a adopté une position
plus ambigüe, le laissant porter seul la responsabilité de sa défense. Il n'a
plus joué depuis le 29 janvier, officiellement pour une blessure à un genou.
En
janvier, celui qui avait été suspendu 18 matches par la Fédération française de
foot pour avoir publiquement insulté le sélectionneur Raymond Domenech à l'issue
du Mondial-2010, s'était notamment exprimé à plusieurs reprises sur sa page
Facebook et son compte Twitter.
Fidèle à
sa réputation sulfureuse, il s'était interrogé sur la "légitimité" de l'expert
anglais, demandant à la FA de retirer les charges pesant contre lui. Quelques
jours plus tôt, il avait renvoyé vers une interview de Roger Cukierman,
président du Conseil représentatif des institutions juives de France, semblant
prendre sa défense.
"Dans un
lieu quelconque, (la quenelle) est un geste de révolte un peu anarchique contre
l'establishement qui ne mérite pas une sanction sévère. Ce geste a une
connotation antisémite seulement dans l'hypothèse où il est fait devant une
synagogue ou un lieu de mémoire de la Shoah", expliquait ainsi le dirigeant du
CRIF.
Un
"soutien" qu'Anelka comptait faire valoir devant ses juges. Il a de quoi estimer
jeudi que la stratégie a payé.

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